Difference between revisions of "Cas : Une organisation à but non lucratif peut-elle sensibiliser la nouvelle génération aux actions de consommation socialement responsable ? Le cas des clubs sportifs fédératifs"

From MARKETING POUR UNE SOCIETE RESPONSABLE
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Bien que les pratiques de la Consommation Socialement Responsable (CSR<sup>[1]</sup>) aient évolué, de nombreux consommateurs restent toujours sceptiques face à l'engagement réel dans des achats socialement responsables. Il existe un écart entre les attitudes et les comportements réels en termes de CSR, décrit par les chercheurs par le « ''Gap attitude-CSR'' » (Terlu et Hirsh, 2015). En effet, multiples sont les raisons susceptibles d’expliquer cet écart parmi lesquelles l’explication donnée par Thøgersen (2001). L’écart peut être dû au fait que des valeurs, qui sous-tendent ce type de consommation, ne soient pas suffisamment ancrées chez les consommateurs. Des valeurs qui sont susceptibles de transformer l’attitude positive vers la CSR en un acte réel (Gatersleben et al., 2012 ; Ladhari et Tchetgna, 2015). Pour sa part, Darmon (2006) postule que les acquis à l’âge précoce contribuent effectivement à la formation de la personnalité, des attitudes et des comportements à l’âge adulte. D’où l'intérêt d'inculquer des valeurs et de sensibiliser les enfants à des pratiques et aux actes traduisant un comportement de consommation responsable. Pour Assogba (2004), les valeurs seront transmises, apprises et intériorisées chez les individus à travers des mécanismes d'apprentissage comme la socialisation.
Bien que les pratiques de la Consommation Socialement Responsable (CSR<sup>[1]</sup>) aient évolué, de nombreux consommateurs restent toujours sceptiques face à l'engagement réel dans des achats socialement responsables. Il existe un écart entre les attitudes et les comportements réels en termes de CSR, décrit par les chercheurs par le « ''Gap attitude-CSR'' » (Terlu et Hirsh, 2015). En effet, multiples sont les raisons susceptibles d’expliquer cet écart parmi lesquelles l’explication donnée par Thøgersen (2001). L’écart peut être dû au fait que des valeurs, qui sous-tendent ce type de consommation, ne soient pas suffisamment ancrées chez les consommateurs. Des valeurs qui sont susceptibles de transformer l’attitude positive vers la CSR en un acte réel (Gatersleben et al., 2012 ; Ladhari et Tchetgna, 2015). Pour sa part, Darmon (2006) postule que les acquis à l’âge précoce contribuent effectivement à la formation de la personnalité, des attitudes et des comportements à l’âge adulte. D’où l'intérêt d'inculquer des valeurs et de sensibiliser les enfants à des pratiques et aux actes traduisant un comportement de consommation responsable. Pour Assogba (2004), les valeurs seront transmises, apprises et intériorisées chez les individus à travers des mécanismes d'apprentissage comme la socialisation.


Dans le domaine de l'enfant-consommateur, la socialisation est « ''un processus par lequel les enfants acquièrent des compétences, des connaissances et des attitudes utiles à leur évolution dans un milieu marchand'' » (Ward, 1974, p. 2). Par ailleurs, il est communément admis que le sport est une pratique humaine valorisée (Arnold, 1997), un vecteur efficace d’éducation, d'intégration et d’éveil à la bonne citoyenneté, voire un outil à fort impact social (Gasparini, 2008). Cette fonction socialisatrice dépend essentiellement des caractéristiques de l’instance de socialisation qui pourrait favoriser la réalisation de ce rôle (Pantaléon, 2003 ; Long et Pantaléon, 2014). En pénétrant dans un club sportif, l'enfant se trouve dans une sphère de participation sociale spécialisée, qui lui offre l'opportunité de créer de nouvelles formes de relations sociales et de s'engager dans une activité d'apprentissage particulière (Lafabrègue, 2001). Un tel cadre caractérisé par un contexte rigide de la PS<sup>[2]</sup>, est susceptible de sensibiliser les individus à apprendre des règles ainsi que des comportements conformes aux normes imposées par celui-ci (Long et Pantaléon, 2014). Au sein des clubs, l'entraîneur est celui qui tient la responsabilité d'enseigner aux adhérents le sport. À travers la communication et les échanges avec les joueurs, un entraîneur peut avoir un rôle essentiel dans leur socialisation et leur sensibilisation à certains aspects liés à l'activité pratiquée qui auront une incidence sur leur vie de tous les jours (Weiss et al., 2013).<blockquote>Au regard de ces constats, le principal objectif de cette recherche est de comprendre l’impact de la PS au sein des clubs fédératifs, sur la catégorie des enfants âgés de 7 à 12 ans à se comporter d’une manière respectueuse, voire responsable, vis-à-vis de soi-même, des autres et de la société d’une manière plus générale. Une propension que nous désignons par leur « Sensibilité aux Actions Responsables (SAR<sup>[3]</sup>) » qui repose sur un ensemble de valeurs et principes qui reflètent surtout le respect et la responsabilité.</blockquote>Pour répondre à cette problématique'''<sup>[4]</sup>''', nous avons mobilisé une étude quantitative par le biais d'un questionnaire auprès de 1300 enfants âgés de 7 à 12 ans licenciés dans des clubs sportifs (GS<sup>[5]</sup>) et non licenciés (Groupe témoin GT<sup>[6]</sup>) dans les départements de Calvados et des Deux-Sèvres. Les hypothèses ont fait l'objet des analyses statistiques sous le logiciel SPSS 23 et la macro PROCESS de Preacher et Hayes (2016). Nous nous sommes focalisées sur la population enfantine âgée de 7 à 12 ans, appartenant au stade analytique, un stade au sein duquel les connaissances et les savoir-faire des enfants se développent (Roedder-John, 2001).
Dans le domaine de l'enfant-consommateur, la socialisation est « ''un processus par lequel les enfants acquièrent des compétences, des connaissances et des attitudes utiles à leur évolution dans un milieu marchand'' » (Ward, 1974, p. 2). Par ailleurs, il est communément admis que le sport est une pratique humaine valorisée (Arnold, 1997), un vecteur efficace d’éducation, d'intégration et d’éveil à la bonne citoyenneté, voire un outil à fort impact social (Gasparini, 2008). Cette fonction socialisatrice dépend essentiellement des caractéristiques de l’instance de socialisation qui pourrait favoriser la réalisation de ce rôle (Pantaléon, 2003 ; Long et Pantaléon, 2014). En pénétrant dans un club sportif, l'enfant se trouve dans une sphère de participation sociale spécialisée, qui lui offre l'opportunité de créer de nouvelles formes de relations sociales et de s'engager dans une activité d'apprentissage particulière (Lafabrègue, 2001). Un tel cadre caractérisé par un contexte rigide de la PS<sup>[2]</sup>, est susceptible de sensibiliser les individus à apprendre des règles ainsi que des comportements conformes aux normes imposées par celui-ci (Long et Pantaléon, 2014). Au sein des clubs, l'entraîneur est celui qui tient la responsabilité d'enseigner aux adhérents le sport. À travers la communication et les échanges avec les joueurs, un entraîneur peut avoir un rôle essentiel dans leur socialisation et leur sensibilisation à certains aspects liés à l'activité pratiquée qui auront une incidence sur leur vie de tous les jours (Weiss et al., 2013).<blockquote>Au regard de ces constats, le principal objectif de cette recherche est de comprendre l’impact de la PS au sein des clubs fédératifs, sur la catégorie des enfants âgés de 7 à 12 ans à se comporter d’une manière respectueuse, voire responsable, vis-à-vis de soi-même, des autres et de la société d’une manière plus générale. Une propension que nous désignons par leur « Sensibilité aux Actions Responsables (SAR<sup>[3]</sup>) » qui repose sur un ensemble de valeurs et principes qui reflètent surtout le respect et la responsabilité.</blockquote>Pour répondre à cette problématique<sup>[4]</sup>, nous avons mobilisé une étude quantitative par le biais d'un questionnaire auprès de 1300 enfants âgés de 7 à 12 ans licenciés dans des clubs sportifs (GS<sup>[5]</sup>) et non licenciés (Groupe témoin GT<sup>[6]</sup>) dans les départements de Calvados et des Deux-Sèvres. Les hypothèses ont fait l'objet des analyses statistiques sous le logiciel SPSS 23 et la macro PROCESS de Preacher et Hayes (2016). Nous nous sommes focalisées sur la population enfantine âgée de 7 à 12 ans, appartenant au stade analytique, un stade au sein duquel les connaissances et les savoir-faire des enfants se développent (Roedder-John, 2001).


Afin de mesurer nos variables, nous avons créé deux échelles de mesure en suivant les étapes du paradigme de Churchill (1979), révisé par Derbaix et Pecheux (2000) : la Mission Éducative de l'Entraîneur Sportif (MEES[7]) et la Sensibilité des Enfants aux Actions Responsables (SAR). La structure finale de la première échelle de mesure (MEES) est formée de15 items répartis sur trois dimensions. Quant à la deuxième échelle de mesure (SAR), elle est composée de 12 items répartis sur trois dimensions.
Afin de mesurer nos variables, nous avons créé deux échelles de mesure en suivant les étapes du paradigme de Churchill (1979), révisé par Derbaix et Pecheux (2000) : la Mission Éducative de l'Entraîneur Sportif (MEES<sup>[7]</sup>) et la Sensibilité des Enfants aux Actions Responsables (SAR). La structure finale de la première échelle de mesure (MEES) est formée de15 items répartis sur trois dimensions. Quant à la deuxième échelle de mesure (SAR), elle est composée de 12 items répartis sur trois dimensions.


Plusieurs enseignements généraux peuvent être tirés de l’étude réalisée :
Plusieurs enseignements généraux peuvent être tirés de l’étude réalisée :
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----<small>[1] CSR : Consommation Socialement Responsable.</small>
----<small>''[1] CSR : Consommation Socialement Responsable.''</small>


<small>[2] PS : Pratique Sportive.</small>  
<small>''[2] PS : Pratique Sportive.''</small>  


<small>[3] SAR : Sensibilité aux Actions Responsables.</small>  
<small>''[3] SAR : Sensibilité aux Actions Responsables.''</small>  


<small>[4] Deux collectes des données, une première étude exploratoire et une autre confirmatoire ont été réalisées auprès des centaines d'enfants dans des écoles et des clubs sportifs en France.</small>
<small>''[4] Deux collectes des données, une première étude exploratoire et une autre confirmatoire ont été réalisées auprès des centaines d'enfants dans des écoles et des clubs sportifs en France.''</small>


<small>[5] GS : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport dans un club fédératif.</small>
<small>''[5] GS : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport dans un club fédératif.''</small>


<small>[6] GT : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport en dehors d’un club fédératif  (à titre d’exemple,  des enfants pratiquent un sport dans un centre de loisirs, dans la rue, à l’école, etc.).</small>
<small>''[6] GT : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport en dehors d’un club fédératif  (à titre d’exemple,  des enfants pratiquent un sport dans un centre de loisirs, dans la rue, à l’école, etc.).''</small>


<small>[7] MEES : Mission Educative de l'Entraîneur Sportif.</small>  
<small>''[7] MEES : Mission Educative de l'Entraîneur Sportif.''</small>  


<small>[8] Motifs de la PS retenus : Compétition/Loisir. Types de PS retenus : Individuel/Collectif.</small>
<small>''[8] Motifs de la PS retenus : Compétition/Loisir. Types de PS retenus : Individuel/Collectif.''</small>


<small>[9] Dietsch B. (2021), « ''Poids économique du sport – Édition 2021'' », INJEP. Disponible sur : <nowiki>https://injep.fr/publication/le-poids-economique-du-sport/</nowiki></small>
<small>''[9] Dietsch B. (2021), « Poids économique du sport – Édition 2021 », INJEP. Disponible sur : <nowiki>https://injep.fr/publication/le-poids-economique-du-sport/</nowiki>''</small>


<small>[10] APS : Activités Physiques et Sportives.</small>
<small>''[10] APS : Activités Physiques et Sportives.''</small>

Latest revision as of 18:22, 18 December 2022

Par Ghada K.A. IBRAHIM  et Maya NAJA

La montée en puissance des préoccupations sociales et environnementales depuis quatre décennies (Kim et Choi, 2005), a développé l’engouement des individus à s’engager dans des comportements de consommation « socialement responsables » (Sachdeva et al., 2015). Cette nouvelle tendance dans la consommation se traduit par « l'achat (ou le non-achat) de produits et de services perçus comme ayant un impact positif (ou moins mauvais) sur l'environnement physique ou sur la société et/ou l'utilisation, par le consommateur, de son pouvoir d'achat pour exprimer ses préoccupations sociales ou environnementales » (François-Lecompte, 2005, p. 44).

Bien que les pratiques de la Consommation Socialement Responsable (CSR[1]) aient évolué, de nombreux consommateurs restent toujours sceptiques face à l'engagement réel dans des achats socialement responsables. Il existe un écart entre les attitudes et les comportements réels en termes de CSR, décrit par les chercheurs par le « Gap attitude-CSR » (Terlu et Hirsh, 2015). En effet, multiples sont les raisons susceptibles d’expliquer cet écart parmi lesquelles l’explication donnée par Thøgersen (2001). L’écart peut être dû au fait que des valeurs, qui sous-tendent ce type de consommation, ne soient pas suffisamment ancrées chez les consommateurs. Des valeurs qui sont susceptibles de transformer l’attitude positive vers la CSR en un acte réel (Gatersleben et al., 2012 ; Ladhari et Tchetgna, 2015). Pour sa part, Darmon (2006) postule que les acquis à l’âge précoce contribuent effectivement à la formation de la personnalité, des attitudes et des comportements à l’âge adulte. D’où l'intérêt d'inculquer des valeurs et de sensibiliser les enfants à des pratiques et aux actes traduisant un comportement de consommation responsable. Pour Assogba (2004), les valeurs seront transmises, apprises et intériorisées chez les individus à travers des mécanismes d'apprentissage comme la socialisation.

Dans le domaine de l'enfant-consommateur, la socialisation est « un processus par lequel les enfants acquièrent des compétences, des connaissances et des attitudes utiles à leur évolution dans un milieu marchand » (Ward, 1974, p. 2). Par ailleurs, il est communément admis que le sport est une pratique humaine valorisée (Arnold, 1997), un vecteur efficace d’éducation, d'intégration et d’éveil à la bonne citoyenneté, voire un outil à fort impact social (Gasparini, 2008). Cette fonction socialisatrice dépend essentiellement des caractéristiques de l’instance de socialisation qui pourrait favoriser la réalisation de ce rôle (Pantaléon, 2003 ; Long et Pantaléon, 2014). En pénétrant dans un club sportif, l'enfant se trouve dans une sphère de participation sociale spécialisée, qui lui offre l'opportunité de créer de nouvelles formes de relations sociales et de s'engager dans une activité d'apprentissage particulière (Lafabrègue, 2001). Un tel cadre caractérisé par un contexte rigide de la PS[2], est susceptible de sensibiliser les individus à apprendre des règles ainsi que des comportements conformes aux normes imposées par celui-ci (Long et Pantaléon, 2014). Au sein des clubs, l'entraîneur est celui qui tient la responsabilité d'enseigner aux adhérents le sport. À travers la communication et les échanges avec les joueurs, un entraîneur peut avoir un rôle essentiel dans leur socialisation et leur sensibilisation à certains aspects liés à l'activité pratiquée qui auront une incidence sur leur vie de tous les jours (Weiss et al., 2013).

Au regard de ces constats, le principal objectif de cette recherche est de comprendre l’impact de la PS au sein des clubs fédératifs, sur la catégorie des enfants âgés de 7 à 12 ans à se comporter d’une manière respectueuse, voire responsable, vis-à-vis de soi-même, des autres et de la société d’une manière plus générale. Une propension que nous désignons par leur « Sensibilité aux Actions Responsables (SAR[3]) » qui repose sur un ensemble de valeurs et principes qui reflètent surtout le respect et la responsabilité.

Pour répondre à cette problématique[4], nous avons mobilisé une étude quantitative par le biais d'un questionnaire auprès de 1300 enfants âgés de 7 à 12 ans licenciés dans des clubs sportifs (GS[5]) et non licenciés (Groupe témoin GT[6]) dans les départements de Calvados et des Deux-Sèvres. Les hypothèses ont fait l'objet des analyses statistiques sous le logiciel SPSS 23 et la macro PROCESS de Preacher et Hayes (2016). Nous nous sommes focalisées sur la population enfantine âgée de 7 à 12 ans, appartenant au stade analytique, un stade au sein duquel les connaissances et les savoir-faire des enfants se développent (Roedder-John, 2001).

Afin de mesurer nos variables, nous avons créé deux échelles de mesure en suivant les étapes du paradigme de Churchill (1979), révisé par Derbaix et Pecheux (2000) : la Mission Éducative de l'Entraîneur Sportif (MEES[7]) et la Sensibilité des Enfants aux Actions Responsables (SAR). La structure finale de la première échelle de mesure (MEES) est formée de15 items répartis sur trois dimensions. Quant à la deuxième échelle de mesure (SAR), elle est composée de 12 items répartis sur trois dimensions.

Plusieurs enseignements généraux peuvent être tirés de l’étude réalisée :

  1. Dans un premier temps, la PS au sein des clubs sportifs fédératifs influence significativement la SAR des enfants pratiquants. Des différences statistiquement significatives ont été trouvées entre le GS et le GT en termes de leur SAR (échelle globale) et en termes de chacune des dimensions qui la compose.
  2. Dans un deuxième temps, le motif et le type de la PS[8] influencent significativement la SAR. Lorsque la PS est pratiquée dans le cadre d’une compétition, l’enfant est plus sensible aux actions responsables. Une PS de type individuel influence significativement la SAR des enfants.
  3. Dans un troisième temps, un rôle médiateur de l'entraîneur sportif entre la PS des enfants au sein des clubs fédératifs et leur SAR s’est avéré. L’entraîneur joue ainsi un rôle considérable dans la socialisation et l’éducation des enfants. Grâce aux interactions et aux échanges réciproques, l'entraîneur est capable, au-delà de son rôle technique, d'apprendre aux enfants des valeurs de respect.

D'un point de vue managérial, les entreprises et marques spécialisées dans ce domaine, peuvent profiter des résultats de cette étude afin d'amplifier le thème de fonction sociale et éducative du sport. Selon un rapport de l'INJEP[9] (Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation populaire) paru en septembre 2021, la dépense sportive en 2019des ménages en biens et services « a progressée de 6,2% (après + 3,8% en 2018 et + 5,3% en 2017, données révisées) pour atteindre 22,2 milliards d’euros (Md€) et représenter 0,9 point de PIB (produit intérieur brut) ». De tels chiffres illustrent l’ampleur des APS[10] dans l’économie nationale. Cette hausse est plus marquée entre 2018 et 2019 pour les services sportifs (+ 7,8%), qui incluent les cotisations aux associations et clubs de sport, ainsi que la location de biens et l’achat de billets pour les événements sportifs.

Dans une perspective sociétale, cette recherche considère le sport comme une activité qui possède une fonction d’éducation et de socialisation à la disposition de la société. De plus, nos résultats confirment l’opportunité qu’offre la PS aux parents pour sensibiliser leurs enfants aux actions responsables, à travers des valeurs indispensables à la vie en société telles que le respect et la responsabilité. Finalement, nous confirmons la mission éducatrice des entraîneurs sportifs. À travers des interactions réciproques, ces derniers exercent un rôle important dans la sensibilisation des enfants aux valeurs de respect et aux principes d’une bonne hygiène de vie en général. Ils développent, selon Thill et al., (2009, p. 7), « toutes les composantes de la personnalité de l'élève (physiques, intellectuelles, affectives ou morales) conformément aux valeurs de leur groupe d'appartenance (l'équipe, le club), et inculque le respect de l'éthique sportive.



[1] CSR : Consommation Socialement Responsable.

[2] PS : Pratique Sportive.

[3] SAR : Sensibilité aux Actions Responsables.

[4] Deux collectes des données, une première étude exploratoire et une autre confirmatoire ont été réalisées auprès des centaines d'enfants dans des écoles et des clubs sportifs en France.

[5] GS : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport dans un club fédératif.

[6] GT : Groupe composé d’enfants qui pratiquent le sport en dehors d’un club fédératif  (à titre d’exemple,  des enfants pratiquent un sport dans un centre de loisirs, dans la rue, à l’école, etc.).

[7] MEES : Mission Educative de l'Entraîneur Sportif.

[8] Motifs de la PS retenus : Compétition/Loisir. Types de PS retenus : Individuel/Collectif.

[9] Dietsch B. (2021), « Poids économique du sport – Édition 2021 », INJEP. Disponible sur : https://injep.fr/publication/le-poids-economique-du-sport/

[10] APS : Activités Physiques et Sportives.